29.01.2008
Ciné: désir et résistance dans la Chine occupée
Une épopée qui mêle suspense et désir nous fait plonger dans le Shanghai des années 40. L’occupation japonaise divise les Chinois. A Hong Kong, une troupe de théâtre à l’université décide de se battre pour son pays. La jeune étudiante Wong aura le rôle principal. Sa mission ? Approcher et séduire M. Yee, un collaborateur des Japonais. Premier échec. Rebelote, trois ans plus tard à Shanghai, alors que M. Yee est devenu ministre. Mais à force de se rapprocher de l’ennemi, la belle se laisse prendre au jeu : difficile de tuer l’homme qu’on aime... 
Aseptisé.
Après "Le secret de Brokeback Montain", ce "Lust, Caution" (désir, prudence) déçoit. Ang Lee parle d’un amour impossible (à nouveau), mais surtout de l’art de tromper et de se tromper. Le réalisateur taiwanais s’inspire d’une nouvelle d’Eileen Chang de 50 pages… pour en faire une véritable fresque, un peu longue. Deux heures tente huit de voyage, de robes splendides, de reconstitution de Shanghai occupée et de grands sentiments... Pour le vraisemblable, la tension et l’émotion, par contre, il faudra revenir. On sait dès le début comment cette tragédie va terminer. Et même les scènes de suspens n’angoissent pas le public…
Des acteurs justes.
Tony Leung Chiu Wai, déjà vu dans "In the mood for love", brille dans ce rôle à contre-emploi d’homme violent et froid. Quant à Tang Wei, jeune débutante, elle interprète avec brio cette Mademoiselle Wong, patriote et enflammée. Et pourtant, on ne s’attache ni à cette jeune étudiante douée pour la comédie, qui en se sacrifiant découvre la passion, ni au méchant collabo manipulé. Lion d’or à la Mostra de Venise, ce film aura au moins l’avantage de divertir les spectateurs… et de leur apprendre quelques positions du Kamasutra particulièrement acrobatiques !
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