29.01.2008

Lyon sous les projecteurs

   
Malgré la pluie, la grève, le froid, Lyonnais et touristes ont admiré tout le week-end les installations féeriques et les spectacles éblouissants

 
    La fête des Lumières 2006 commençait mal. Vendredi soir, entre le vent et la pluie, difficile de profiter pleinement des expositions. Samedi, la grève des transports publics et les embouteillages avaient de quoi décourager. Malgré tout, les visiteurs furent nombreux à profiter des expositions dans les rues du centre-ville. Chapeaux, casquettes, capuches mais aussi bonnets pointus de Père Noël, décembre oblige : les passants se protègent de la pluie tant bien que mal. Entre les décorations en hauteur et les bougies allumées aux fenêtres, tous ont le nez en l’air. Couronnes chatoyantes pour l’avenue du Président Herriot, réverbères écarlates pour la place Bellecour, feuilles argentées qui clignotent sur les arbres de l’avenue de la République, à chaque rue sa parure festive. « Vin chaud, un euro cinquante ! », crient des jeunes filles aux passants frigorifiés. Des odeurs de merguez et autres sandwichs grecs enveloppent la marée humaine qui se dirige vers l’Hôtel de ville.

Entre l’Opéra et l’Hôtel de Ville, il faut jouer des coudes pour avancer. D’un côté, un trompe l’œil aux couleurs vives, de l’autre, des faisceaux lumineux habillent l’Hôtel de Ville de bleu, de rose, de jaune… Quelques passants s’abritent sous les arcades de l’Opéra. Une dizaine de percussionnistes offrent un joyeux spectacle. Au centre du cercle assourdissant, quelques jeunes encapuchonnés se dandinent sur des rythmes africains.

Aux abords de la place des Terreaux, changement de style : musique classique et littérature. Ce spectacle son et lumière surprend : des faisceaux multicolores sont projetés sur d’immenses ballons blancs suspendus au dessus des têtes. Michel, un Lyonnais habitué à la fête des Lumières, reste perplexe devant l’invitation à la « poésie éclairée » de la place : « Je ne comprends pas très bien ce qu’ils ont voulu faire. » En revanche, Lucia déborde d’enthousiasme pour cette installation et pour la fête : « Je trouve ça magique, la lumière, c’est la spiritualité de Dieu », explique cette Italienne.
   

Un peu plus loin, les passants s’agglutinent sur le pont Bonaparte pour admirer le spectacle. « Regarde Paul, ça fume », dit un grand-père à son petit-fils. C’est toute la colline de Fourvière qui parle, fume et s’illumine. Les enfants, juchés sur les épaules de leurs parents s’émerveillent devant les lumières et la voix caverneuse qui semble sortir de la montagne.
Dans le vieux Lyon, c’est la cohue. L’église Saint Jean, recouverte de centaines de petits lampions, s’illumine progressivement à mesure que les chœurs chantent la prière de la Lumière. Beaucoup semblent apprécier la cent cinquantième édition de cette fête traditionnelle. Toby, un Anglais de passage à Lyon, trouve la célébration « très familiale, très populaire». Seul reproche : «  les expositions restent focalisées sur le centre-ville ».

Les commentaires sont fermés.