27.01.2008

Le problème kurde : un nationalisme instrumentalisé par les nations

   

    Alors que la crise Turco-irakienne bat son plein, la communauté internationale, et notamment les Etats-Unis, tentent d’éviter un conflit armé entre ces deux pays du Proche-Orient. La Turquie a menacé d’intervenir au Kurdistan autonome pour anéantir les camps d’entrainement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mouvement terroriste kurde turc. La tension entre ces pays concerne directement le peuple kurde. Retour sur l’histoire d’un nationalisme transfrontalier qui tient une place fondamentale dans la géopolitique de la région.


    Le peuple kurde a ceci de particulier qu’il vit sur quatre Etats du Proche- Orient : la Turquie (entre 18 et 20 millions de Kurdes), l’Iran (7 millions), l’Irak (5 millions) et la Syrie (2 millions). Ce peuple souvent opprimé, maintenu dans le sous-développement, victime d’entreprises d’ « arabisation » ou de « turquisation » a du mal à revendiquer une nation. En effet, la géographie du Kurdistan rend impossible la contestation armée limitée à un seul pays. Des mouvements rebelles ont vu le jour dans chaque Etat. Le plus médiatisé, mais aussi le plus radical, le PKK turc, revendique depuis 1984 l’indépendance à coup de bombes. En Irak, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) ont mis fin à leur guerre fratricide en 2002. En Iran, le Parti pour une vie libre au Kurdistan (Pejak) multiplie depuis trois ans les embuscades.
Ce peuple a toujours fait l’objet d’une répression importante dans ces quatre nations. Mais depuis la fin des années soixante-dix, ces Etats se servent de la rébellion kurde de l’Etat voisin pour l’affaiblir ou pour faire pression. La rébellion kurde a besoin d’un appui logistique (des camps d’entrainement, des lieux de meeting ou des armes) d’un Etat. Mais le nationalisme kurde sort aussi affaibli de ces multiples entreprises d’instrumentalisation de la carte minoritaire.

La « diplomatie parallèle »…
Turquie, Syrie, Iran et Irak ont utilisé à partir de la fin des années soixante-dix une « diplomatie parallèle », qui instrumentalise l’élément kurde contre l’Etat adverse. Hamit Bozarslan explique dans son ouvrage La question kurde que « dès la fin des années soixante-dix, les Etats du Moyen-Orient ne traitent plus uniquement entre eux, mais avec des forces politiques ou militaires minoritaires qui n’ont pas d’existence juridique internationalement reconnue, mais qui disposent d’un fort potentiel de déstabilisation de l’Etat rival ». Ainsi, les leaders de la rébellion kurde sont soutenus, à un moment donné, par les pays adverses. Lors de la guerre entre l’Irak et l’Iran, de 1980 à 1988, Téhéran et les partis kurdes d’Irak (le PDK de Barzani et l’UPK de Talabani) ont passé une alliance. L’Iran pouvait ainsi affaiblir son ennemi en alimentant les divisions internes de ce dernier. Le dilemme terrible des jeunes kurdes d’Irak, qui doivent choisir pendant cette guerre entre mourir pour l’Irak de Saddam Hussein en réprimant leurs frères kurdes ou bien s’allier avec l’Iran, pays ennemi qui soutient la cause kurde, est bien montré dans le film de Hiner Saleem, Kilomètre zéro.

… dangereuse pour le nationalisme kurde
Le peuple kurde est souvent victime de jeux d’alliance entre rebelles kurdes et Etats régionaux. Car les leaders de la rébellion du pays adverse sont soutenus… jusqu’à un certain point. En 1975, le Chah d’Iran, qui soutenait le PDK irakien, a brusquement changé brusquement de stratégie. Résultat : alors que les relations entre Téhéran et Bagdad sont normalisées, le PDK de Barzani s’effondre… En temps de guerre, les motivations des pays impliqués dans le conflit (Irak-Iran) sont stratégiques.
Il en va de même concernant l’intervention américaine en Irak. Lors de la première guerre du Golfe, la cause kurde pouvait servir de moyen de pression sur le régime de Saddam Hussein. Dans son livre Géopolitique des Kurdes, Philippe Boulanger explique avec ironie l’intérêt géopolitique des Américains : « dans la lunette américaine, les minorités kurdes situées en Irak et en Turquie représentent un élément permanent de déséquilibre et d’instabilité géopolitiques trop porteur d’avenir pour qu’on permette et facilite leur autonomie politique. »

Les motivations économiques
Mais derrière cette « diplomatie parallèle » aux ressorts géopolitiques évidents se cachent des intérêts économiques bien précis. Le peuple kurde n’est pas seulement victime d’alliances entre pays frontaliers. Il est au centre des convoitises car le sol de ce qui pourrait devenir un grand « Kurdistan » est particulièrement riche. « Or noir », « or bleu », rien d’étonnant à voir les quatre pays septiques face aux indépendantistes kurdes. Les tensions entre Syrie et Turquie illustrent les motivations économiques de ces pays.
De 1980 à 1998, la Syrie abrite les camps d’entrainement du PKK et son chef, Abdullah Öcalan. Après un bras de fer de deux ans avec la Turquie, la Syrie cède. Le 20 octobre 1998, les deux pays signent l’accord d’Adana. Le régime syrien cesse tout soutien financier et logistique au PKK et expulse Abdullah Öcalan. L’appui de la Syrie à ce mouvement terroriste n’était autre qu’un moyen de pression sur Ankara. En effet, la Turquie souhaitait lancer une grande politique de développement de la partie sud du pays en mettant en place des barrages sur le Tigre et l’Euphrate. L’objectif ? Construire d’ici à 2010 vingt-deux barrages et dix-neuf centrales électriques. Seul problème, la Syrie et l’Irak pourraient pâtir de cette politique aquifère. Ce bras de fer pour contrôler les réserves d’eau dans cette partie du Moyen-Orient est encore très actuel.

Mais le Kurdistan attire aussi l’attention des Etats-Unis. Région pétrolifère, l’autodétermination kurde pourrait devenir un obstacle à leurs propres intérêts économiques. En 1988, le régime de Saddam Hussein utilise des gaz et des produits chimiques pour punir les « traitres » kurdes à Halabja. L’Occident ne réagit pas. Mais en 1991, lors d’une rébellion kurde beaucoup plus médiatisée, l’ONU intervient. C’est l’opération « Restore Hope ». Elle aboutit, en avril 1991, à la création d’une « zone de protection ». Pourtant, ce Kurdistan irakien ne recouvre pas la totalité du territoire revendiqué par les Kurdes. Et surtout, cette zone n’englobe pas les puits pétrolifères de Kirkouk et de Mosoul, trop précieux aux yeux des Irakiens comme des Américains…

La lutte de la Turquie contre l’indépendance d’un grand Kurdistan
Avec la création de la « zone de protection » au nord de l’Irak, la donne a changé pour les quatre Etats voisins. C’est d’ailleurs dans les montagnes de Qandil du Kurdistan irakien que se trouvent les camps d’entrainement des partis rebelles kurdes. Mais les quatre pays voisins n’ont aucune envie que l’autonomie kurde en Irak fasse tâche d’huile. En menaçant depuis des mois d’attaquer les camps d’entrainement du PKK basés au Kurdistan, la Turquie veut se servir du prétexte de la lutte contre le terrorisme pour envahir le Kurdistan irakien et détruire les institutions du jeune Etat kurde autonome. Dans une tribune de Libération, Kendal Nezan, le président de l’Institut kurde de Paris, affirme que « pour les nationalistes turcs, toute entité étatique kurde constitue un danger pour la fragile ‘unité nationale turque’ par sa valeur d’exemple pour les quelque 18 millions de Kurdes de Turquie. » Ce pays craint en effet de se voir amputer du tiers Est de son territoire (voir carte).



    Le problème kurde risque de durer. Les puissances en présence refusent d’abandonner cette grande terre riche. La conclusion du livre de Philippe Boulanger, Géopolitique des Kurdes résume la situation de ce peuple : « La ‘géopolitique frontalière’ des Kurdes est décidément un mal nécessaire pour les grandes puissances et les Etats régionaux ». L’actualité met d’ailleurs en lumière les difficultés de ce nationalisme transfrontalier. En effet, ce peuple pourrait continuer à être au cœur de la stratégie américaine au Moyen Orient. Alors que les GI’s combattent encore sur le sol irakien, l’Iran semble être devenu le nouvel ennemi pour les Etats-Unis et pour l’Occident. Un pays où vivent sept millions de Kurdes…

Dossiers

Le problème kurde

Les blogs

  

26.01.2008

CV en Anglais

Oihana Gabriel

8 rue Louis Morard- 75014 Paris

Tel: 06-61-95-37-06 E-mail : gabriel.oihana@hotmail.fr                                            

 

Born the 19th of June 1982 in Townsville (Australia)
French – 25 years old
Driving licence

 

                                               Reporter

WORK EXPERIENCES IN JOURNALISM
2008: RFI 1 month
2008: 20 minutes, culture, 5 month
July-August 2007 : internship in the free daily newspaper Métro Paris
June 2007 : internship in Le Monde : le Monde des livres
April 2007 : internship in free daily newspaper Lyon Plus
March 2006 : internship in the weekly newspaper Figaro Magazine
October 2005- february 2006 : internship in the department of literature in the Embassy of France in Madrid
May-june 2005 : internship in the weekly newspaper Figaro Magazine
April 2005 : internship in the french television channel France 2
March 2005 : internship in the daily newspaper La Croix

EDUCATION
June 2007 : Master 1 of journalism : Institut Français de Presse in Paris Paris II University
July 2005 : Master of the IEP of Paris : Master of cultural and media’s management
June 2003 : bachelor’s degree in History Paris I La Sorbonne University
2000-2002 : literary preparative classes
June 2000 : literary Baccalauréat
1995-2000 : high school in the lycée Henri IV in Paris
1991-1995 : junior high school in the French college of Madrid

 

LANGAGES AND INFORMATICS
English : fluent
Spanish : fluent
German : initiate
informatics : Word, Excel, Quark Xpress, Photoshop, Paint Shop Pro, In Design

HOBBIES
Sports : squash, tango, rock
Hobbies : choir, movies, literature
Trips : USA, England, Senegal, Cuba, Kenya, Spain, Peru…