29.01.2008
Persépolis va surement percer
Dommage, il est sorti juste après noël… Et malgré cela, « Persépolis », en vente depuis quelques semaines, connaît une seconde vie. Après une sortie dans les salles saluée par la critique et le public, un Prix du jury à Cannes et une nomination aux Césars, il est propulsé meilleure vente dès la première semaine à la Fnac... Et on n’a pas fini d’entendre parler de ce film d’animation hors du commun : il a été choisi pour représenter la France aux Oscars pour février prochain.
Femmes d’Iran, je vous défends. L’adaptation sur grand écran de la célèbre bd en quatre tomes de la plus pétillante des franco-iraniennes (et de la plus grande gueule…), est un véritable succès. On se retrouve donc à Téhéran, en 1978. « Marjie » a huit ans mais de grandes ambitions. Elle veut devenir prophète, rien que ça et, par chance, réussit à convaincre sa grand-mère de devenir sa première disciple. Marjane nous fait découvrir alors avec ses yeux de jeune fille particulièrement lucide et drôle la chute de Shah, la révolution islamiste, la découverte du fanatisme religieux et la liberté de femmes, un poil entravée. Et puis c’est l’exil, en Autriche, la découverte de l’Europe, de sa jeunesse, de son indifférence aussi.
Coup de gueule. Avec cette épopée autobiographique, la jeune femme courageuse rappelle que l’Iran n’est pas seulement le pays de l’islamisme, qu’elle aussi écoutait du rock et s’intéressait aux garçons. Marjane Satrapi parle de sa famille, mais aussi de tout un peuple, caricaturé en occident. Non, les Iraniens ne sont pas tous des barbus misogynes, non les femmes iraniennes ne sont pas toutes soumises.
Des voix idéales. Ce film de femme, à la fois poétique et politique, est enrichi par les voix de trois stars du cinéma français. Danielle Darrieux, en grand-mère hilarante qui a gagné les meilleures répliques, Catherine Deneuve en mère ébahie par la transformation de son pays et surtout, Chiara Mastroianni, avec sa voix grave et son ton décalé. Ca tombe bien, ces trois se connaissent depuis longtemps. Deneuve et Mastrioanni, la mère et la fille, se donnent la réplique avec complicité. Quant à Danielle Darrieux, elle interpréta déjà la mère de Catherine Deneuve dans « Les demoiselles de Rochefort »… il y a une quarantaine d’années. ! A 90 ans, cette grande dame du cinéma prête sa voix à cette grand-mère de caractère, particulièrement touchante, qui a laissé en héritage à sa petite fille adorée son franc parler…
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DVD: le crime farpait d'une laide
Non, ce n’est pas une faute de frappe, le "Crime farpait" frapadingue, sorti en 2005, revient dans les bacs avec en prime des interviews et des scènes coupées. Petit rappel : bienvenue dans l’univers tout beau, tout propre de Guillermo Toledo, le vendeur le plus dragueur d’un grand magasin espagnol (le Corte Ingles évidemment...) Mister propre tue par mégarde son rival... un accident qui risque de lui coûter sa place. Mais une bonne âme, la seule et unique vendeuse laide (les autres sont des pub vivantes pour Chanel) du magasin décide de l’aider à faire disparaître le corps. Sans le savoir, le séducteur se trouve alors embarqué dans un chantage sans fin qui le mènera aux pires folies.
Hilarant.
Le crime n’est justement pas parfait, c’est la chance de cette vendeuse, jusqu’ici invisible, pour se faire remarquer. Hilarant, cette comédie douce amère en dit long sur l’angoisse d’un amour non choisi, étouffant et hypocrite. La scène du repas familial (voir vidéo) est particulièrement réussie.... La manipulation, c’est la force de cette femme meurtrie... et vraiment pas bête. Un ton léger et un jeu d’acteur assez caricatural, Alex de la Iglesia, arrive avec quelques plans bien trouvés à rendre touchants ces deux êtres opposés. Ce réalisateur espagnol n’avait pas attendu "Ugly Betty" et le retour des moches comme stars du petit écran pour rendre justice aux femmes fortes et peu séduisantes.
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Lyon sous les projecteurs
Malgré la pluie, la grève, le froid, Lyonnais et touristes ont admiré tout le week-end les installations féeriques et les spectacles éblouissants
La fête des Lumières 2006 commençait mal. Vendredi soir, entre le vent et la pluie, difficile de profiter pleinement des expositions. Samedi, la grève des transports publics et les embouteillages avaient de quoi décourager. Malgré tout, les visiteurs furent nombreux à profiter des expositions dans les rues du centre-ville. Chapeaux, casquettes, capuches mais aussi bonnets pointus de Père Noël, décembre oblige : les passants se protègent de la pluie tant bien que mal. Entre les décorations en hauteur et les bougies allumées aux fenêtres, tous ont le nez en l’air. Couronnes chatoyantes pour l’avenue du Président Herriot, réverbères écarlates pour la place Bellecour, feuilles argentées qui clignotent sur les arbres de l’avenue de la République, à chaque rue sa parure festive. « Vin chaud, un euro cinquante ! », crient des jeunes filles aux passants frigorifiés. Des odeurs de merguez et autres sandwichs grecs enveloppent la marée humaine qui se dirige vers l’Hôtel de ville.
Entre l’Opéra et l’Hôtel de Ville, il faut jouer des coudes pour avancer. D’un côté, un trompe l’œil aux couleurs vives, de l’autre, des faisceaux lumineux habillent l’Hôtel de Ville de bleu, de rose, de jaune… Quelques passants s’abritent sous les arcades de l’Opéra. Une dizaine de percussionnistes offrent un joyeux spectacle. Au centre du cercle assourdissant, quelques jeunes encapuchonnés se dandinent sur des rythmes africains.
Aux abords de la place des Terreaux, changement de style : musique classique et littérature. Ce spectacle son et lumière surprend : des faisceaux multicolores sont projetés sur d’immenses ballons blancs suspendus au dessus des têtes. Michel, un Lyonnais habitué à la fête des Lumières, reste perplexe devant l’invitation à la « poésie éclairée » de la place : « Je ne comprends pas très bien ce qu’ils ont voulu faire. » En revanche, Lucia déborde d’enthousiasme pour cette installation et pour la fête : « Je trouve ça magique, la lumière, c’est la spiritualité de Dieu », explique cette Italienne.
Un peu plus loin, les passants s’agglutinent sur le pont Bonaparte pour admirer le spectacle. « Regarde Paul, ça fume », dit un grand-père à son petit-fils. C’est toute la colline de Fourvière qui parle, fume et s’illumine. Les enfants, juchés sur les épaules de leurs parents s’émerveillent devant les lumières et la voix caverneuse qui semble sortir de la montagne.
Dans le vieux Lyon, c’est la cohue. L’église Saint Jean, recouverte de centaines de petits lampions, s’illumine progressivement à mesure que les chœurs chantent la prière de la Lumière. Beaucoup semblent apprécier la cent cinquantième édition de cette fête traditionnelle. Toby, un Anglais de passage à Lyon, trouve la célébration « très familiale, très populaire». Seul reproche : « les expositions restent focalisées sur le centre-ville ».
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