29.01.2008
Little Miss Sunshine, famille au bord de la crise de nerfs
Cette petite comédie américaine a créé la surprise et l’engouement des deux côtés de l’Atlantique
Ils sont six, de 7 à 77 ans et constituent une sympathique famille de paumés. Il y a le père, Richard Hoover, obsédé par la réussite. Dwayne, le fils, s’enferme dans un mutisme volontaire. Franck, l’oncle homosexuel et suicidaire, sort à peine de l’hôpital. Restent le grand père libidineux et la mère de famille, qui jongle entre tous ces caractères opposés. Mais la vraie star, c’est Olive, une petite fille qui vient d’être acceptée au concours de Miss Sunshine en Californie. Alors toute la famille met de côté, ou du moins essaye, ses préoccupations pour satisfaire le plus grand souhait de la benjamine : participer à cette élection d’une reine de beauté à Redondo Beach. Les voilà tous partis pour un week end complètement fou sur la route.
Mais il y a du chemin avant de voir le diadème posé sur la tête de la petite Olive. D’autant plus que c’est à bord d’un break plus que délabré que les Hoover traversent les Etats Unis. Et le break a lui aussi son caractère. Klaxon en continu, moteur qui ne démarre plus, la petite communauté des Hoover n’est pas au bout de ses peines.
Pour Richard, l’humanité se divise en deux catégories : les perdants et les gagnants. Il faut, bien sûr, appartenir à la deuxième moitié. Seul problème : la famille a quelques difficultés à jouer les héros. Dwayne, adolescent en révolte, communique avec le monde extérieur à l’aide d’un papier. Où il écrit : « je hais tout le monde ». Franck, l’intellectuel de la famille, spécialiste de Proust a tenté de se suicider à la suite d’une rupture douloureuse avec un de ses étudiants. Même la petite Olive, bien décidée à remporter le concours, ne ressemble pas vraiment à une reine de beauté. Tour à tour les difficultés de la vie apparaissent : les tensions du couple, les vocations frustrées, les ruptures amoureuses difficiles, sans oublier les problèmes mécaniques du break. Mais la solidarité familiale prime sur les multiples déceptions.
Cette comédie émouvante fait passer du rire aux larmes. Les situations humiliantes succèdent aux scènes particulièrement comiques. Jusqu’à ce que la salle soit prise de fous rires devant un final hilarant. Tous les acteurs sont à la hauteur du scénario rocambolesque. Ce road movie mêle avec brio humour, tendresse et poésie. Mais il délivre aussi une critique de cette Amérique en quête perpétuelle de réussite. Le propos des deux réalisateurs, jusqu’ici inconnus : nous sommes tous des perdants. La vie serait tellement moins drôle si chacun réussissait tout ce qu’il entreprend. Le spectateur se reconnaît dans ce portrait parfois cruel et caricatural mais souvent réaliste d’une famille compliquée et soudée. On ressort de la salle le sourire aux lèvres, presque déçu d’avoir quitter ces personnages si attachants. Et avec la folle envie de revoir ce film détendant et joyeux. Un soir de grisaille, avec sa propre famille de paumés.
Comédie américaine, 1h40, de Jonathan Dayton et Valérie Faris, avec Greg Kinnear, Toni Collette, Steve Carell,…
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